Ahmedabad (No Life Last Night)

Ahmedabad se définit par la multitude, l'excès et la profusion. Alors comment y poser un pied photo avec une chambre 4x5' en pleine journée ; impossible ! Henri Cartier-Bresson a pourtant photographié cette ville de jour, mais il y a 50 ans (et en 30 ans, la circulation dans cette agglomération a été multipliée par 700). Son attention s'est portée sur les habitants, moi c'est l'urbain qui m'a émerveillé.Pour la première fois je rentrais dans une ville en ayant l'impression de rentrer dans un décor. Atmosphère curieuse où la modernité n'a pas encore complètement effacé le passé mais le côtoie. Je circulais dans ce labyrinthe comme dans un livre d'histoire, un voyage dans le temps où les époques se superposent et s'enchevêtrent. C'est la nuit que je remontais au plus loin, quand le chaos de la modernité s'arrêtait je pouvais explorer les entrailles et le squelette de cette cité désertée. Il fallait être patient pour observer car la nuit à Ahmedabad il n'y a quasiment pas d'éclairage (il m'est arrivé dans certaines ruelles de trébucher sur des personnes endormies à même le sol). Déterminé par des lampadaires diffusant une lumière famélique, il me fallait entre 5 et 10 minutes de pose pour réaliser une image. Si les meutes de chiens errants devenaient hostiles, ou si des vaches venaient se planter devant mon objectif, tout était à recommencer.Processus de réalisation extrêmement lent dans une chaleur étouffante où la température peut monter jusqu'à 40° la nuit. C'est dans sa plus grande intimité qu'Ahmedabad se livrait, dans un silence et un calme à la limite du recueillement. Instant privilégié de sérénité où le monde moderne accorde quelques heures de répit avant de recommencer une nouvelle journée de folie.

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